Vent du nord - Préquelle - Partie 3

Publié le par Chimaera

Vent du Nord - Préquelle - Partie 3

 

 

 

"Tu ne descends pas, Niels ?"

 

Le jeune homme sourit en entendant Sigrún, leur vieille Volvä, derrière lui. Il était confortablement installé en haut d'une des collines qui entouraient le village, la plus proche du village, et n'avait aucune envie de descendre.

 

"Pourquoi demander quand tu connais la réponse, Sigrún ?"

"Parce qu'on ne t'a jamais vu en bas depuis que les étrangères sont arrivées. Les fuis-tu ?"

 

Un sourire malicieux apparut sur les lèvres de la sorcière.

 

"Ou plutôt, fuis-tu l'une d'entre elles ?"

 

Niels soupira.

 

"Je l'ai rencontrée dans la forêt, Sigrún. Elle se baignait dans la source du faucon. Je ne m'attendais pas à y trouver une si belle créature... Nous nous sommes battus et... elle m'a vaincu. Alors j'ai cru que c'était une Walkyrie, mais elle ne savait pas ce que c'était."

 

Sigrún fit un sourire amusé.

 

"Et depuis, tu viens ici pour la regarder à loisir."

 

Niels ne répondit pas, reportant son regard en contrebas. Alia était assise sur le muret à l'entrée de la forge, discutant avec son propriétaire Einar. Il savait qu'une forte amitié s'était développée entre eux deux depuis les quelques semaines où les étrangères étaient arrivées.

 

"J'ai fait un rêve prémonitoire" annonça Sigrún. "Deux choses en sont ressorties, une bonne et une mauvaise. Elles te concernent toutes deux avec le clan."

 

Il grimaça légèrement.

 

"Parle toujours, vieille femme" fit-il néanmoins avec affection. "Dis-moi ce que les dieux ont encore décidé pour moi."

"Tu vas te marier."

 

Il resta surpris un moment, puis fit un sourire las.

 

"Je suppose qu'il est temps... Mais pourquoi les dieux ? Père n'a pas besoin d'une alliance avec un autre clan ?"

"Aime-la et tu auras une vie douce. Votre fils deviendra puissant, bien plus que toi ou ton père ne le serez jamais. La magie est endormie dans ses veines comme dans les tiennes, le fruit de votre union sera un roi-sorcier. Ne la respecte pas et ta vie sera un enfer."

 

Niels resta interloqué, puis rouvrit la bouche.

 

"C'est tout ?" demanda-t-il. "Respecter ma femme ? Sigrún, tu me connais. Même si c'est un mariage décidé pour moi, je n'aurai jamais..."

"Je sais" interrompit Sigrún. "Je t'informais juste. C'est mon travail que de transmettre la parole des dieux."

"Eh bien, soit. Et qui est ma future épouse ?"

 

Un sourire malicieux lui répondit.

 

"La jeune Alia, bien sûr. Ton père a déjà demandé sa main en ton nom, pour sceller l'alliance entre nos peuples, et elle a accepté. Il me semble pourtant qu'elle ignore que tu es le fils de Sven et elle doit penser qu'elle a accepté d'épouser Olaf. A contrecœur, il faut le dire."

"Mon cousin ?" s'étonna Niels. "Hel, cela ne m'étonne pas qu'elle n'en ait pas envie... Il ne respecte guère les femmes."

 

Il réalisa soudain qui était sa promise et pâlit, puis rougit, fortement embarrassé.

 

"A... Alia ?"

"Elle-même" répondit Sigrún, visiblement amusée.

"Vous lui... avez donné ma parole ? Je dois l'épouser ?"

"Eh bien, oui" affirma la Volvä en gloussant.

"Mais comment vais-je le lui dire ? Nous nous sommes rencontrés une fois... dans la forêt..."

 

Un petit rire lui répondit et Sigrún repartit, le pas sûr malgré son manque de vision.

 

"Eh bien, tu devrais tenter de la séduire" lança-t-elle par-dessus son épaule avant d'entamer la descente.

 

Il resta figé sur place, ne sachant plus du tout comment réagir. Certes, sa rencontre avec Alia l'avait marqué, mais il n'aurait jamais cru l'épouser un jour. La séduire ? Comment séduire une femme telle qu'elle ?

 

Ce ne fut qu'au soir qu'il se décida à descendre, rejoignant la maison de son père pour la première fois depuis sa rencontre avec la cavalière. Dormir à l'extérieur ne le dérangeait pas, même dans la fraîcheur d'octobre : il était l'un des éclaireurs de son clan et passait presque toutes ses journées à parcourir les forêts alentours, recherchant toute chose anormale.

 

"Niels" l'accueillit Sven avec un sourire chaleureux. "J'ai une grande nouvelle pour toi..."

"Sigrún m'a dit" interrompit-il. "Où est ma dame ?"

"Dans sa chambre, elle s'est retirée pour la nuit."

 

Il acquiesça et s'engagea dans le couloir étroit bordé par les portes de leurs différentes chambres. Chaque pièce n'était pas très grande, mais permettait au moins un peu d'intimité à son possesseur. Il s'arrêta devant la bonne porte, hésitant une dernière fois, puis finalement frappa doucement le battant pour demander l'entrée.

 

Elena sentit Alia se figer alors qu'on toquait à la porte. Elle avait été très occupée à lui reprocher d'avoir accepté ce mariage, tout en étant forcée de reconnaître qu'il aurait été très discourtois de refuser la demande de son hôte. Mais enfin, sa princesse méritait quelque chose de mieux que cet abruti mal dégrossi...

 

Alia grimaça alors qu'on toquait et fit signe à Elena d'abandonner les soins de son dos. Une plaie avait mal cicatrisé, mais ce n'était plus le moment.

 

"Qui est-ce ?" interrogea-t-elle en se redressant.

"Votre promis."

 

Elle fronça des sourcils. Ce n'était pas la voix d'Olaf et le ton était hésitant. Néanmoins, elle remit à la hâte sa tunique et sa ceinture par-dessus.

 

"Entrez, je vous en prie."

 

Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'elle reconnaissait le bel homme qui entrait, l'air fort mal à l'aise.

 

"Vous ?" demanda-t-elle, stupéfaite.

"Je... suis le fils aîné de Sven" bafouilla-t-il, horriblement gêné.

"Je vais vous laisser" annonça Elena en voyant leurs réactions respectives.

 

Elle quitta d'ailleurs aussitôt la pièce, refermant la porte derrière elle en coupant tout échappatoire. Un lourd silence succéda à son départ alors qu'ils se dévisageaient, ne sachant quoi dire.

 

"Sigrún m'a dit aujourd'hui que je devais vous épouser" finit-il par dire maladroitement.

"Oh ? Ce n'est pas vous qui..."

 

Elle s'interrompit, mais il avait compris et secoua la tête négativement.

 

"Non, je n'ai pas demandé à vous épouser" répondit-il, avant de reprendre à la hâte. "Pas que cela ne me dérange, ma dame, mais..."

 

Un léger rire échappa à la jeune femme et il sentit ses joues s'embraser. Elle fit quelques pas vers lui de sa démarche féline.

 

"Je vous plais, n'est-ce pas ?" murmura-t-elle.

"De toute évidence" grommela-t-il. "Cependant, si vous ne souhaitez pas m'épouser, je peux essayer de l'empêcher."

 

Elle haussa un sourcil surpris.

 

"Seriez-vous vraiment prêt à le faire ?"

 

Il lui fit un sourire ravageur.

 

"Vous êtes une belle femme, soit, mais je ne pense pas que cela vaille de vivre avec vous me haïssant jusqu'à la fin de ma vie... sauf votre respect, bien sûr."

"Je sais me montrer assez insupportable" admit-elle. "Pourquoi m'aviez-vous embrassée dans la forêt ?"

 

Il baissa les yeux, à nouveau mal à l'aise.

 

"Je ne sais pas" avoua-t-il. "Je... vous étiez si belle et si forte..."

 

Il se tut en baissant encore plus les yeux, puis releva soudain la tête, la fixant droit dans les yeux.

 

"Souhaitez-vous m'épouser ?"

 

Elle resta bouche bée, puis fit un sourire hésitant.

 

"Je l'ignore" fit-elle doucement, avant de préciser. "Je ne vous connais pas... Je ne sais pas si je pourrai vous aimer."

 

Il inclina la tête, réfléchissant, puis fit un sourire.

 

"Dans ce cas-là, si je parviens à retarder ma réponse... puis-je tenter de vous séduire ?"

 

Encore une fois, la guerrière fut déstabilisée, mais finit par lui sourire.

 

"Ce sera avec plaisir... je vous remercie de ne pas m'imposer cela."

 

Il passa des doigts nerveux dans ses cheveux.

 

"Je... j'ai toujours rêvé d'avoir une femme qui m'aimerait" avoua-t-il. "Même en sachant qu'on déciderait probablement pour moi."

"Tout espoir n'est pas perdu..."

 

Il sourit, puis s'inclina.

 

"Je vais vous laisser... Passez une bonne nuit, ma dame."

"Je vous souhaite une agréable soirée" répondit-elle en inclinant sa tête.

 

Il observa une dernière fois son visage aux traits marqués par les épreuves, ses yeux vifs d'un étrange vert qui l'observaient, méditatifs. Puis il inclina brièvement la tête et quitta la pièce. Il avait dit qu'il tenterait de la séduire, mais... il n'avait aucune idée de comment il pouvait faire cela.

 

Publié dans Vent du Nord

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B
<br /> Assez classique dans sa trame, le récit souffre de quelques erreurs de justesse tant dans le choix des tournures que pour certains développement de l'histoire.<br /> Il faudra t'impliquer plus dans tes personnages, quitte a demander a un homme de t'aider pour la psychologie des personnages masculin et/ou imprégner l'héroïne d'une partie de ton âme.<br /> Comme toujours je serai heureux d'en discuter avec toi de vive voix.<br /> Xoxo<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Un plaisir d'end iscuter avec toi la prochaine fois qu'on se croise ^^<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> Et la suite alors ? On attend !!!<br /> <br /> Petite critique (sur l'ensemble des 3 chapitres) : beaucoup de "En effet"...<br /> Et dans le chapitre 2 (je crois), une négation en trop quand tu parle du roi (ou quand le roi parle).<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> C'est noté, je verrai pour relire.<br /> <br /> <br /> <br />