Malédiction de l'abeille (1/7)

Publié le par Chimaera

 

NB : le 1/X vient du fait que je n'ai pas fini de le taper à l'ordinateur. Nouvelle écrite pendant mes  (rares) pauses au travail, on s'occupe comme on peut.

 

 

Marie-Aline préparait sa tisane du matin, comme à l'accoutumée. L'eau chantait dans la bouilloire et elle ajusta le nœud violet pâle ornant ses boucles grisonnantes. Un bourdonnement se fit entendre et elle chassa d'un geste agacé l'insecte importun, avant de verser l'eau chaude dans sa tasse. Les feuilles séchées par ses soins se mirent aussitôt à flotter.

De son pas claudiquant, elle retourna poser la bouilloire sur sa vieille gazinière, avant de jeter un regard nostalgique par la fenêtre de la cuisine donnant sur le jardin. Dix ans plus tôt, elle aurait profité de cette fraîche matinée d'été pour entretenir ses plantations. Aujourd'hui, son dos ne le lui permettait plus. Ses beaux lilas pendaient tristement au bout de leur tige, formant un buisson énorme et disgracieux. Ses roses voyaient leurs feuilles piquetées de taches noires à cause de pucerons. Même son petit potager pour ses salades et ses tomates avait été entièrement dévoré par des limaces.

Son horloge sonna la septième heure et elle retira les feuilles désormais infusées de sa tasse, arrachant difficilement son regard du jardin laissé à l'abandon. Le bourdonnement revint après qu'elle n'ait chassé l'abeille posée sur la table et une seconde vint la rejoindre, tournoyant dans les airs. Avec un léger soupir, elle ouvrit grand la fenêtre de la cuisine pour leur permettre de sortir.

Au lieu de cela, trois autres entrèrent et elle ouvrit de grands yeux. Autant d'abeilles ? C'était franchement étonnant... d'où venaient soudain tous ces insectes ? Elle n'avait certainement pas un champ de fleurs à butiner dans sa cuisine. Regardant à nouveau par la fenêtre, elle fut choquée de voir que, en quelques instants, son buisson de lilas s'était entièrement recouvert d'insectes. Elle ne put retenir un cri en remarquant que son gazon mal tondu tout entier formait une surface noire mouvante.

Elle sentit soudain une piqûre sur sa main et poussa un cri de douleur. L'abeille s'envolait déjà malgré son dard arraché. Marie-Aline regarda sa main douloureuse qui enflait sans trop comprendre, avant de réaliser que son brusque mouvement de recul à l'instant de la piqûre avait projeté sa tisane au sol, brisant sa tasse préférée. Pourtant elle se précipita vers son placard et saisit sa bouteille de vinaigre, s'en versant une généreuse rasade sur la main. La douleur s'estompa légèrement mais, un instant après, cinq nouvelles piqûres se firent sentir.

Affolée, Marie-Aline se précipita hors de sa cuisine, claquant la porte derrière elle, des larmes de douleur roulant sur ses joues parcheminées. Un bourdonnement se fit entendre et elle se retourna, pour voir avec terreur que plusieurs insectes se faufilaient par le trou de la serrure et par l'interstice entre le sol et le bas de la porte. Sans plus réfléchir, elle saisit son téléphone et composa le premier numéro d'urgence qui lui traversa l'esprit.

Publié dans Indépendants

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A
La pauvre femme, se faire investir par des centaines d’abeilles c’est pas facile. C’est pour ça que j’essaie de m’approcher le moins de ces insectes là. Quand on les laisse tranquille ils ne vous<br /> font rien mais quand on les irrite ou qu’on les chasse, ils se révoltent et attaquent et à plusieurs, ils sont mortels.
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K
<br /> Voilà qui me rappelle une récente invasion de mouches...<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Eh non, ça date de juste avant ^^. Un pressentiment ?<br /> <br /> <br /> <br />